Pris en défaut de paiement

Le podcast de l’éco #0

Bienvenue à toutes et à tous ! Je suis Kevin de L~abordage et vous écoutez Le podcast de l’éco.

Nous sommes le premier janvier 2019. Nous parlerons aujourd’hui du conflit entre la maison blanche et la FED, puis des conséquences économiques du mouvement des gilets jaunes en France. Ensuite, nous aborderons les pertes financières des plus riches en 2018, le monstre de la dette que nous avons créée et le retrait massif des investisseurs d’un ETF d’actions européennes. C’est en Chine que nous partirons pour observer la baisse des taxes et l’émission de la dette locale chinoise. Enfin, nous terminerons par deux études de la FED de Saint-Louis sur le coût du service de la dette publique et de l’argent que gardent les banques en leur sein.

Trump Powell Fed maison blanche

Ces derniers jours, Donald Trump s’est montré hostile envers Jerome Powell, l’actuel président de la FED. Autrement dit, la FED est la banque centrale américaine. Selon les propos rapportés par Bloomberg certains conseillers de Trump l’ont dissuadé d’un tel acte qui enverrait un message négatif aux marchés, tandis que La Tribune écrit que Steven Mnuchin, le secrétaire d’État au Trésor a exprimé qu’il n’avait jamais suggéré de congédier Jay Powell.

Donald Trump se plaint de la hausse du dollar et de la hausse des taux, ainsi que d’une politique monétaire restrictive. En effet depuis 2018 la FED réduit son bilan. En inversant son quantitative easing, elle réduit la capacité d’emprunt de l’économie. Nous avons vu les conséquences que cela avait cette année. Sachez que la réduction du bilan n’est semble-t-il pas fini et que l’impact sur l’économie risque d’être fort dans les prochains mois. La FED en augmentant les taux d’intérêt a créé une forte demande sur les bons américains vis-à-vis des autres marchés obligataires, ainsi que face au marché actions. Cette demande en bons du trésor américain nécessite des dollars. Ainsi le dollar est recherché sur le forex, ce qui fait augmenter son prix. La hausse du dollar ne fait pas partie de la stratégie de Trump « America first » où il souhaite une Amérique productive et industrielle. Vous vous demandez en quoi cela peut vous être utile ? Si vous comprenez pourquoi les krachs et récessions se produisent, vous pourrez mieux vous protéger, protéger votre famille et votre patrimoine. Aussi, vous pourrez investir intelligemment et être libre. Est-ce que cela vaut la peine de s’embêter à comprendre le monde ? Oui ! Bien sûr qu’il faut s’amuser dans la difficulté. Cela nous permet de vivre mieux !

Cependant, bon gré mal gré, la FED suit sa doctrine qui est de contenir une inflation faible sans avoir de déflation. C’est pourquoi avec un taux de chômage au plus bas et des risques d’inflation de par l’augmentation des salaires, la banque centrale américaine poursuit son durcissement monétaire.

Enfin, pour clôturer ce sujet, la presse rappelle qu’avant le départ des proches du président des États-Unis, Donald Trump commençait à les critiquer en privé et en public. L’ère Powell touche-t-elle à sa fin ?

 

C’est un article du Figaro qui évoque plus de 43 000 demandes de chômage partiel. La CPME, un syndicat patronal des petites et moyennes entreprises valide ce chiffre « malheureusement exact ». Murielle Pénicaud a prévenu que l’état va débloquer 28 millions d’euros pour que les salariés impactés par le mouvement des gilets jaunes puissent toucher leur salaire.

Le commerce a été impacté par ce mouvement. Le chiffre d’affaires est en baisse de 25 % dans ce secteur, une baisse qui a bénéficié à certains commerces de proximités (centres-villes). Néanmoins, les petits commerçants ont aussi été frappés entre 15 et 50 % de leur chiffre d’affaires.

Gilets jaunes

Ce fut une aubaine pour le commerce en ligne, dont pour Amazon qui a vu ses commandes augmentées. C’est ainsi que de l’argent nécessaire en France a été récupéré par des entreprises étrangères et payant bien généralement leurs impôts hors de l’hexagone.

À titre de comparaison, le mouvement de la SNCF et d’Air France en début d’année avait fait baisser la progression du PIB trimestriel de 0,1 de PIB. Sachant qu’à ce jour certains estiment les pertes pour le commerce à 2 milliards d’euros, là où d’autres observent une forte hausse des annulations dans les hôtels. Les professionnels du tourisme s’inquiètent d’un impact plus dur à long terme.

 

En 2018, les plus riches personnes du monde ont perdu 511 milliards de dollars selon un article de Bloomberg. Tandis que les marchés haussiers font les richesses, les marchés baissiers en défont. Si quelques-uns se sont enrichis, la perte moyenne est de 5,9 % pour les 173 milliardaires américains. En Chine, Wang Jianlin le créateur de Wanda, un promoteur immobilier qui gère notamment des centres commerciaux et des parcs d’attractions est celui qui a le plus perdu. Ses pertes s’élèvent à 11,1 milliards de dollars. L’année a été encore plus tumultueuse au Moyen-Orient, où Mohammed bin Salman a mené des actions contre la corruption en Arabie Saoudite. L’homme le plus riche du royaume, le Prince Alwaleed a perdu 3,4 milliards de dollars.

Mohammed bin Salman MBS

Les pertes sont aussi moribondes en Europe et en Amérique latine. C’est en Russie où les pertes sont en moyennes les plus basses. En général se sont les fortunes liées aux technologies qui se sont enrichies, là où les autres ont diminuées.

 

Dans une tribune publiée sur Bloomberg, un ancien banquier, Satyajit Das, estime que nous sous-estimons les risques liés à la dette. Suite à la grande dépression, les états, les banques centrales ont adopté de nouvelles mesures pour pouvoir redonner vie à l’économie.

Or, les mesures mises en place, tel que le quantitative easing et la baisse des taux posent de nombreux autres problèmes. Le premier d’entre eux est qu’ils facilitent l’obtention de crédit. Des mécanismes complexes ont été mis en place pour augmenter la valeur de certains collatéraux. Cela permet de réduire la pression sur les banques et les emprunteurs. C’est-à-dire pour faire simple, que lorsqu’une banque prête de l’argent à une autre banque, elle peut demander des titres de propriété pour se couvrir. Encore plus simplement, c’est comme si j’acceptais de vous prêter de l’argent en échange de votre voiture. Si vous ne me remboursez pas, j’aurais dans le pire des cas votre voiture. Suite à la crise de 2007, les banques ne se faisaient plus confiance entre elles. C’est alors que les banques centrales ont dû se porter garante pour rétablir la confiance.

Ainsi, depuis 2007 la dette mondiale totale est passée de 167 000 milliards de dollars à 247 000 milliards, soit plus de 40 % d’augmentation en une décennie. La dette totale équivaut à 320 % du PIB mondial. C’est l’ensemble des emprunts qui ont augmenté alors que la qualité des émissions a baissé. Les probabilités d’un défaut des emprunteurs sont plus élevées aujourd’hui qu’il y a 10 ans.

Selon l’auteur, le monde n’a plus beaucoup d’options. En théorie, les emprunteurs doivent diversifier leurs revenus pour finir de payer leurs dettes. En réalité, ils sont parfois dans l’incapacité d’y parvenir. Sachant que la plupart des emprunts ont été faits pour des usages non productifs, comprenez que la plupart des emprunts ont été effectués sur de la spéculation. Il donne l’exemple suivant : les entreprises rachètent leurs actions à crédit pour faire grimper les cours boursiers. Le mécanisme en est généralement simple. Les individus pensent à court-terme, ils ne pensent pas aux autres. Les cadres dirigeants qui ont les mêmes intérêts que les actionnaires avec les stock-options, font monter le prix des actions de l’entreprise quitte à ce que cela soit néfaste à long terme. Les actionnaires par ignorance ou plutôt par cupidité voient d’un très bon œil les rachats d’actions. Sachez que l’actionnaire d’aujourd’hui n’est pas forcément celui de demain.

Quant aux gouvernements, ils n’ont pas investi dans des infrastructures. Ils ont emprunté pour payer leurs dépenses. Autrement dit, même si cela déplaît à la « bonne pensée », la paix sociale du présent coûtera cher, très cher au futur ! Ce sera un coût social destructeur…

Un désendettement brutal pourrait amener une récession qui nous mettrait en plus mauvaise posture pour nous en sortir. L’auteur présente et élimine une par une les solutions de l’inflation et de la croissance, ainsi que celle de la dévaluation. Selon lui, la meilleure, c’est-à-dire la moins pire des options et la plus vraisemblable est le défaut de paiement.

Les conséquences peuvent en être multiples : faillites de banques, incapacité à payer les retraites et autres prestations sociales, chômage de masse, ruine des investisseurs et nouvelles guerres entre pays. Ici, j’en entends quelques-uns dire que c’est bien fait pour les méchants capitalistes ! Que nenni ! Nous sommes tous des capitalistes ! Je pondère maintenant mes propos. La plupart d’entre nous font partie des plus riches dans le monde (en valeur absolue exprimée en dollar). Si vous avez de l’épargne, vous êtes un capitaliste. Celui qui a un livret A, un livret jeune, une assurance-vie, des actions en est un aussi. Du moment où vous touchez de l’argent de par une ponction sur la création de richesse (ex. dividendes, intérêts) vous êtes un capitaliste. Or, dans un tel scénario, s’il y a un défaut de paiement que vous soyez capitaliste ou non, vous en serez impacté parce que votre argent en banque ne sera pas disponible immédiatement, si ce n’est que votre banque sera dans l’incapacité de vous rembourser votre créance. Autrement dit, les états prendront des mesures pour limiter les retraits d’argent et ils devraient, si eux-mêmes le peuvent encore couvrir les dépôts jusqu’à une certaine somme. Mais revenons-en à l’article de Satyajit Das.

En 2007, les autorités n’ont pas voulu laisser tomber la patate chaude. Ils ont préféré la lancer plus chaude que jamais dans le futur. Sans les juger de bonnes ou de mauvaises intentions, nous en sommes au fait où plus nous attendons, plus la chute de la dette sera dure !

 

Passons maintenant de l’obligataire aux actions. Le plus grand ETF d’actions d’Europe a connu la deuxième plus épouvantable année de son existence selon Bloomberg. Les investisseurs privilégiant les supports passifs ont massivement retiré leur argent d’un ETF de Vanguard. Ces 2 milliards de dollars ont migré là où ils pouvaient obtenir du rendement ou de la sécurité, soit sur les actions US, sur l’obligataire ou du cash. Le fly to quality semble s’opérer des stocks aux bonds, alors que de nombreux investisseurs sont baissiers sur les actions européennes.

Je ne peux que vous « conseiller » d’investir via les ETFs, néanmoins cela ne semble pas être le bon moment pour être acheteur d’actions avec un ETF. Attendons que la marée se retire pour investir.

 

Alors que Donald Trump augmente régulièrement les taxes sur les importations provenant de Chine, l’empire du Milieu baisse ses taxes sur l’impôt sur le revenu nous informe le China Daily. L’objectif est de stimuler la consommation. En même temps les analystes s’attendent à ce que cela stabilise la croissance économique et allège le poids des impôts sur le revenu. En Chine, l’impôt sur le revenu fait parti des trois plus grandes sources pour l’état avec avec la TVA et les taxes sur les entreprises. La baisse de l’impôt sur le revenu en Chine s’effectue par un ajustement des tranches d’imposition et plus de déductions. Par exemple des coûts liés à l’éducation, la formation et la santé pourront être déduits.

Chine impot revenu education formation

 

Un dernier article du China Daily nous éclaire sur la dette des collectivités locales chinoises. Bien que leur endettement soit dans leur cadre légal, le principal organe législatif chinois a décidé d’augmenter le total de leurs dettes à 21 000 milliards de yuans soit environ 2 700 milliards d’euros. La Chine oblige maintenant aux collectivités à s’endetter par l’émission d’obligations pour lutter contre les risques systémiques. Vous devez savoir qu’en Chine le shadow banking est monnaie courante. Les investisseurs se prêtent de l’argent en dehors des circuits classiques et le plus souvent avec des règles de prudences inexistantes ! Si cela limite les risques systémiques, cela peut aussi aider Xi Jinping dans sa lutte contre la corruption.

Chine dette shadow banking collectivités locales

En bref, surveillons de près ce qui se passe sur l’obligataire chinois, car dans un pays qui vit à 200 % le moindre ralentissement de la croissance pourrait déstabiliser ce colosse.

 

Nous finissons Le podcast de l’éco avec deux articles de la FED de Saint-Louis. Le premier traite de la comparaison du coût du service de la dette publique. Sans entrer dans les détails, vous le pourrez en trouvant le lien dans les sources, nous observons que parmi les cinq pays, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont le taux de dettes sur PIB le plus faible. Les USA ont un taux de dettes d’environ 110 % du PIB, là où l’Italie est à plus de 130 % et le Japon 235 %.

La dette en pourcentage du PIB a commencé à augmenter dans les années 90 pour le Japon. En revanche, le ratio a commencé à augmenter après la crise de 2007 pour les États-Unis. Qu’est-ce que cela nous dit ? Que les Japonais se sont lancés dans une fuite en avant. Ils sont comme des drogués qui ont toujours besoin de plus de doses pour vivre.

Quant à l’analyse du coût de la dette publique, malgré la prise en compte de l’inflation et d’autres facteurs, je reste prudent quant à son interprétation. Les états ayant comptabilisé dernièrement dans leur PIB le trafic de drogue et la prostitution, le suivi des analyses est biaisé. Deux méthodes étaient bonnes pour intégrer le trafic de drogue. La légalisation dans plus États aux USA et l’intégration des estimations comme au Royaume-Uni. Nous devons aussi être prudents, car l’estimation de ce coût de la dette publique prend en compte le nombre d’habitants et la croissance démographique. Or, en France par exemple (hors étude) les perspectives d’avenir et de salaires sont moroses. Les enfants s’attendent à gagner moins d’argent que leurs parents. Ce simple constat change toute l’interprétation que nous aurions pu avoir. Enfin, la croissance démographique s’effectue aussi via l’immigration. Sans prendre parti sur ce sujet, l’immigration vers ces pays l’est de par des personnes pauvres. Nous voyons ainsi mal comment le coût de la dette publique par habitant en capacité de payer se réduirait.

Terminons, ce podcast avec un article de la FED de Saint-Louis qui montre qu’en moyenne les banques américaines ont 230 $ de cash pour chaque Américain. Vous n’êtes pas sans savoir que le rôle des banques est de faire circuler l’argent de ceux qui n’en ont pas besoin vers ceux qui en ont besoin. C’est le principe du prêt. L’analyse montre que la quantité de liquidité dans les banques est cyclique, avec un pic en février. Point étonnant, nous remarquons que les banques s’étaient couvertes lors du passage à l’an 2000 en ayant des réserves beaucoup plus conséquentes.

 

Réserve bancaire USA FED saint louis statistiques

Résumons ce que nous venons de voir. Le conflit entre Donald Trump et Jerome Powell agite les marchés. Les questions à se poser sont : Jay Powell restera-t-il à la tête de la FED ; les objectifs de la banque centrale américaine vont-ils passer du contrôle de l’inflation à la réindustrialisation américaine ?

Suite au mouvement des gilets jaunes, 43 000 personnes ont été mises en chômage partiel. L’état a débloqué de l’argent pour que les individus puissent malgré tout recevoir leur salaire.

Les personnes les plus riches du monde ont vu leur richesse diminuée en 2018.

Le risque de la dette est bien présent faute d’être pensé, j’oserai dire pansé. La solution la plus probable est le risque de défaut qui plongerait l’économie dans la méfiance, avec des risques de soulèvements, de guerres et des « pertes d’épargnes ».

Les investisseurs se sont retirés du plus grand ETF d’actions en Europe. Un fly to quality s’opère vers les US bonds.

La chine baisse ses impôts sur le revenu par un ajustement des tranches d’imposition et une meilleure prise en compte des dépenses utiles (éducation, santé…).

Les collectivités locales chinoises sont obligées d’emprunter de l’argent via l’émission d’obligations. Cela doit limiter le shadow banking et éviter les risques systémiques.

En ce qui concerne l’outil pour analyser le coût de la dette publique, je considère qu’à vouloir faire complexe on en devient moins pertinent.

Enfin, si tous les Américains se rendaient dans leur banque en même temps, ils pourraient en retirer en moyenne 230 $.

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Le podcast de l’éco sort toutes les 2 semaines, au 1er et au 15jour de chaque mois.

Nous nous retrouverons le 15 janvier pour un nouveau podcast de l’éco. C’était Kevin pour L~abordage.

Je vous souhaite une bonne journée et à bientôt !

Sources :

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